Portrait du secteur horticulture biologique

Au Québec, la production horticole biologique connaît une bonne croissance depuis les vingt dernières années. En 2006, 233 fermes produisaient des fruits, des légumes et des plantes médicinales et aromatiques certifiés biologiques ou en transition vers la certification. En 2013, elles sont maintenant 637 au Québec pour le secteur. L'évolution de la production montre certains changements dans les types de produits horticoles cultivés au Québec, mais aussi une grande diversification de ceux-ci. En effet, on comptait en 2012 plus de 125 variétés de fruits, légumes, fines herbes, noix, engrais verts et produits horticoles variés en production dans la province.

Source : Conseil des appellations réservées et des termes valorisants, 2006 et Portail Bio Québec (CARTV), 2013.
À noter : Des entreprises produisant plusieurs variétés peuvent être comptées plus d'une fois dans les statistiques du CARTV.

Le développement des techniques de production et l’évolution du savoir-faire permettent aux agriculteurs d’aujourd’hui d’obtenir de bons résultats en production horticole biologique, mais les défis demeurent nombreux. Le manque d’organisation de la commercialisation et la fragmentation de la filière horticole engendre d’ailleurs certains problèmes : il accentue les difficultés d’approvisionnement, limite la capacité des agriculteurs biologiques québécois à combler la demande accrue du marché et tend à maintenir les prix relativement bas. Le secteur horticole est pourtant le pionnier du développement de l’agriculture biologique au Québec. Bien qu’il ait évolué au fil des ans, dans une large mesure, sa grande diversité complexifie la mise en commun des ressources. Devant la demande importante pour les produits horticoles biologiques, en croissance rapide, plusieurs défis sont présents pour le secteur. En 2012, augmenter la production et la transformation québécoise et régulariser et garantir les approvisionnements pour les acheteurs de volumes transformateurs et la grande distribution ont été identifiés comme étant les objectifs prioritaires du secteur1.

Véritable porte d'entrée de l'alimentation biologique, le secteur horticole était partie intégrante des choix alimentaires des Québécois consultés en 2012 par la Filière biologique du Québec sur le sujet, alors que 93% répondants consommant des produits biologiques se procuraient des fruits et légumes cultivés selon ces normes. La mise en marché des produits issus de la production horticole biologique s’effectue selon trois circuits distincts : le commerce de détail, qui privilégie un lien direct avec les consommateurs (la formule des paniers selon le modèle de l’agriculture soutenue par la communauté (ASC), les kiosques à la ferme, le marché public et Internet); la vente directe à des épiceries spécialisées, à des restaurateurs, à des institutions ou à des transformateurs et les réseaux des grossistes et des courtiers en fruits et légumes biologiques. Ces circuits de commercialisation sont relativement bien connus. Toutefois, mis à part la formule des paniers en ASC qui est bien organisée, la concertation entre les producteurs afin de structurer l’offre demeure un enjeu de taille pour l’ensemble des circuits de commercialisation. À ce chapitre, l’approvisionnement aux transformateurs alimentaires pourrait offrir une avenue prometteuse, notamment afin de valoriser les légumes de seconde qualité, actuellement écoulés en majorité sur le marché transformé non-certifié biologique.

Comme il a été mentionné précédemment, la consommation de produits horticoles biologiques est en progression constante depuis une décennie. De plus, les observations du marché américain suggéraient, en 2012, que la crise économique n'avait pas affecté ce secteur, contrairement aux autres filières biologiques2.Sur le territoire québécois, bien que l’horticulture soit présente dans toutes les régions, ce mode de production est davantage présent à proximité des agglomérations urbaines, situation fortement liée à l'importance qu'a pris la formule des paniers en ASC au fil des ans.

Répartition régionale des producteurs horticoles (2011)

Régions

Horticole ornemental

Fruits  

Herbes et épices

Légumes

Légumineuses

Total     

Abitibi-Témiscamingue

-

-

-

3

1

4

Bas-Saint-Laurent

4

9

7

15

-

35

Capitale-Nationale

6

15

7

13

2

43

Centre-du-Québec

1

15

3

8

1

28

Chaudière-Appalaches

4

12

9

23

-

48

Côte-Nord

-

3

-

1

-

4

Estrie

6

17

8

33

-

64

Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

1

5

3

7

-

16

Lanaudière

2

9

4

12

-

27

Laurentides

6

13

6

20

5

50

Laval

0

2

-

2

-

4

Mauricie

1

7

3

6

-

17

Montérégie

18

49

23

54

5

149

Montréal

2

2

1

4

-

9

Nord-du-Québec

-

1

-

-

-

1

Outaouais

6

9

8

18

-

41

Saguenay-Lac-Saint-Jean

5

27

7

14

4

57

Total

62

195

89

233

18

597

Source : Conseil des appellations réservées et des termes valorisants, Usage de l'appellation biologique au Québec, Statistiques 2011, 2012.

Certaines régions ont connu une croissance importante ces dernières années, alors que le nombre d'entreprises a cru considérablement. Ainsi, entre 2006 et 2011, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a vu le nombre d'entreprises en productions horticoles biologiques plus que tripler, alors que l'Estrie et la Capitale-Nationale ont doublé la leur. La Montérégie a également connu une croissance importante, passant de 77 à 149 entreprises horticoles, une hausse de 94%.3

Source : Conseil des appellations réservées et des termes valorisants, 2006 et  Usage de l'appellation biologique au Québec, Statistiques 2011, 2012.
1 et 2 : Source : ÉcoRessources Consultants, pour la Filière biologique du Québec, 2012.
3 : Source : Conseil des appellations réservées et des termes valorisants, 2006 et  Usage de l'appellation biologique au Québec, Statistiques 2011, 2012.

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